Après mon arrêt précipité au Vermont 100, j’ai cherché des courses dans un rayon de 300km pour lesquelles les inscriptions étaient encore ouvertes. Je ne connaissait pas la »Race to the top of Vermont » mais leur slogan m’a plu au premier coup d’oeil: « The hardest race anyone can do ».

Bee's knees: bonne bouffe local (Morrisville) et bière locale de la Rock art brewery

Bee’s knees: bonne bouffe locale (Morrisville) et bière locale de la Rock art brewery

Je l’ai couru dimanche et c’était exactement ça: 7km juste en montée avec presque 2x le dénivelé du Mont Orford et quelques centaines de participants, de l’élite aux randonneurs.

Parlons de l’élite. D’abord je l’ai déjà écrit, je n’en suis pas! Je cours pour m’amuser et je m’amuse en courant parfois le plus vite que je peux et d’autres fois en prenant des photos, en jasant et/ou en respirant lentement le grand air. Je dis ça parce que j’ai été un peu surpris de ma conversation avec un lecteur de mon blogue après le finish au sommet du Mont Mansfield. Il était surpris d’avoir fini 1 minute avant moi! C’est pas parce que j’écris un blogue que je cours plus vite! Probablement le contraire en fait…si je passait moins de temps à écrire…

Pour ce qui est des élites, j’en vois sur à peu près chaque départ des courses que je fais puis parfois ils sont encore au finish, bien douchés et peignés, quand j’arrive! Je pense à David LePorho, Jeff Gosselin, Alister Gardner et Sébastien Roulier entre autres. Ces gars-là font partie de l’élite mondial sur certaines distances et/ou type de terrain. Lors des courses régionales, ils feront des podiums. Lors des courses majeures, ils ne feront peut-être pas des podiums mais ils feront assurément des temps de champions. Par exemple David qui a terminé 24ème au marathon de Duluth au Minnesota plus tôt cette année. 24ème pourrait sembler désastreux pour quelqu’un qui fait presque plus de podiums dans une année que moi de km dans une semaine mais si on ajoute qu’il a terminé son marathon en 2h21min et qu’il s’agit du 3ème meilleur temps d’un canadien cette année, ça remets les choses en perspective!

Stowe au Vermont est une petite municipalité qui, de toute évidence, est habitée d’une communauté active. C’était la première fois que je voyais une remise de médailles qui débute par la présentation des olympiens locaux! Trois générations d’olympiens dont une dame qui a fait partie de la première équipe de ski de fond des USA et une jeune fille de l’actuelle équipe nationale. Lors de la course du jour, cette même jeune fille a terminé première. La gagnante de l’an passé quand à elle a terminé deuxième…On pourrait penser que celle-ci est moins en forme que l’an passé et c’est probablement le cas…mais lorsqu’on apprend qu’elle a eu un bébé en juin et qu’on réalise que ça fait à peine 2 mois, ça remets les choses en perspective encore une fois!

Tout ça pour introduire la «Race to the top of Vermont» dont le pack de départ comptait bien des amateurs, comme moi, et quelques élites…

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6,9km par une route de gravier avec une pente assez régulière. Plus long et plus de dénivelé que la montée d’Orford par la 4km mais pas de section aussi raide que les «pitches» de Orford. Dès le départ, Marie-Pier et moi réalisons que nous sommes coincés dans le pack de départ et qu’on doit se faufiler plus vers l’avant pour être avec des coureurs de notre vitesse. Déjà mes pulses montent plus vite que moi…je me répète que je dois me «garder du jus» parce que cette pente est bien plus longue que mes entraînements à Orford. Nouveau pour moi, j’ai décidé d’utiliser mon moniteur de rythme cardiaque pour me «pacer». Par contre, pas nouveau pour moi, je n’ai pas suivi le plan! Alors que lors de mes entraînements, je me situais entre 150 et 160 bpm, je m’était dis que je devrais rester sous les 160. Pourtant très tôt dans la course lorsque je regarde ma montre, elle indique déjà 169! Je me dis que ça doit être trop vite, que je ne pourrai endurer ça pendant 45 minutes ou plus. Mais ça semble aller et je respire bien moins fort que le «chest-bras» avec qui je joue au yo-yo depuis le départ…

Plusieurs fois durant la course j'ai dépassé et me suis fait dépassé par le gars costaud à droite. Ce n'est que dans le dernier km que j'ai réussi à le distancer... Je ne pouvais pas me faire à l'idée d'être battu par un gars qui transporte l'équivalent d'un pack de 50lbs! ;-)

Plusieurs fois durant la course j’ai dépassé et me suis fait dépassé par le gars costaud à droite. Ce n’est que dans le dernier km que j’ai réussi à le distancer… Je ne pouvais pas me faire à l’idée d’être battu par un gars qui transporte l’équivalent d’un pack de 50lbs! 😉

À mi-parcours je suis encore à peu près au même rythme cardiaque et au même pace alors je décide de tenter le tout pour le tout et de garder ce rythme le plus longtemps possible sachant que si je dois marcher, je me débrouille bien en power walking et ne serai donc pas beaucoup plus lent. Mon plan improvisé marche bien et je termine la course en 46min et en n’ayant dû marcher qu’environ 100 mètres pour éviter que mon coeur explose 😉

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Arrivé au sommet je cherche mon sac apporté en haut par l’organisation pour y sortir mon kodak et capter l’arrivée de Marie-Pier mais due à sa vitesse de montée, lorsque je trouve mon sac 3 minutes plus tard, elle est déjà arrivée!

On félicite quelques coureurs qui arrivent au sommet et avec surprise on aperçoit David LePorho qui discute. Il a aussi fait la course mais nous ne l’avions pas vu avant le départ et, bien sur, pas vu pendant la course! David a encore une fois bien fait. Il termine 4eme alors qu’il a ajouté cette course à son calendrier d’entraînement plutôt que de courses majeures. La veille il a couru une longrun…

David et Marie-Pier au sommet

David et Marie-Pier au sommet

Malgré sa 4eme place overall, pas de podium pour lui puisque les 3 premiers sont aussi de la catégorie 30-39ans. Parlant d’élite, quelques mots sur le gagnant du jour, Eric Blake du Connecticut qui a fait la montée d’aujourd’hui en 32min 51sec. Lors de la présentation des gagnants, il est mentionné qu’il a aussi gagné la montée du Mont Washington cette année en un temps sous les 60minutes. Je n’ai jamais fait cette course mais je sais qu’on peut compter sur les doigts d’une main le nombre de coureurs ayant grimpé le mont Wash par la route en moins d’une heure. Lorsqu’on sait que cette course de plus de 1000 coureurs attire chaque année son lot de coureurs élite, ça donne une bonne idée de l’exploit!

On redescend la montagne par la route en encourageant les bikers, partis 1 heure après nous. Et après le BBQ, la bière et les podiums, on assiste à la plus grosse remise de prix de présence que j’ai vu! Des milliers de dollars de prix. Pour ce qui est de nous, rien gagné mais Marie-Pier a attrapé des bons coups de soleils 😉

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Ma prochaine course, dimanche prochain, sera un peu plus longue: le 50km de la Chute du diable. Vraiment hâte de goûter à des sentiers que je ne connais pas du tout et de voir ce que nous ont préparé l’équipe de Michel Lampron!

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