Au départ du TARC 50 miles et 100 miles

Au départ du TARC 50 miles et 100 miles

Après ma course catastrophe au Pineland trail running festival, j’espérais bien me reprendre sur au moins une course avant le Vermont 100, question de booster un brin ma confiance. Je l’ai fait sur 2 courses et il en reste une autre!

Mais je vous avertis à l’avance, mes blogues sont moins drôles quand je me prépare adéquatement! 😉

Une semaine après ce 50 miles, j’avais choisi d’être raisonnable et de courir le X-Trail Sutton sur sa plus courte distance. Un 6,5km que j’espérais finir en moins de 40 minutes…assez différent de mes courses habituelles où je commence à peine à être réchauffé après 40 minutes! Dans les premiers mètres, décidé à tout donner, je me suis lancé dans une zone de fréquence cardiaque que j’évite habituellement à tout prix dans les ultras: le «rouge». Moins d’un km était passé que je me disais: let’s go ça achève! Qu’est-ce que 30 minutes quand ta dernière longrun a duré plus de 3h et que tu as les yeux sur des courses dont les durées se calculent en jours! J’ai foncé aussi vite que j’ai pu et la montée m’a permis de dépasser plusieurs coureurs dont quelques très jeunes aperçus durant l’échauffement. Ils semblaient partis pour voler tellement leurs accélérations me laissaient loin derrière. Mais y a rien comme l’expérience des côtes…Ensuite durant la descente j’ai réalisé qu’il y a une limite de vitesse en descente que je ne suis pas prêt à dépasser. Que je cours un 20km ou un 5km, je descends à la même vitesse. J’ai encore mes dents et je ne les échangerai pas contre une médaille! L’arrivée derrière des coureurs et coureuses moins rapides du 10km m’a un peu ralenti mais ni plus ni moins que les autres contre qui je me mesurais ce jour-là. Le dernier bout se faisant sur du terrain facile, je n’ai pas perdu de temps et me suis présenté au finish en un temps respectable de 36:18 et à moins d’une minute du premier «master». Mes entrainements en vitesse, principalement en intervalles, ont été payants…

S’en est suivi 2 grosses semaines d’entrainements. En prévision du Vermont 100, je suis monté à 10 puis 12 heures de course par semaine. À 1 mois et demi de cette course, il s’agit de la période la plus importante de ma préparation. Autant en ce qui a trait aux entrainements que du côté nutrition et repos, je tente de mettre toutes les chances de mon bord pour profiter au maximum de cette journée.

En ajoutant une course de 50 miles à mon calendrier, je jouais le tout pour le tout. Après 12 heures d’entraînement solide durant les 7 jours précédents, je risquais une blessure d’«overtraining» si ça virait mal ou un boost de motivation si ça virait bien.

La météo aux environs de Boston, là où se tenait le TARC 50, a été similaire à celle de l’Estrie durant la semaine précédent la course: de la pluie presque incessante. Pas besoin de vous expliquer longtemps que cette fois j’avais mis dans mes bagages des chaussures bien cramponnées. En fait contrairement à mon précédent 50 miles, j’ai simplement pris le temps de bien me préparer. J’ai analysé et noté le parcours et l’emplacement des stations d’aide. J’ai garni mon drop bag de tout ce que je pourrais avoir besoin et plus. Je me suis acheté un nouveau sac d’hydratation dont je ferai un bref «test de matériel» dans un futur blogue. J’ai apporté deux lampes frontales et des batteries pour une semaine. Et surtout j’ai choisi des chaussures bien adaptées à ce terrain qui s’annonçait boueux et j’ai optimisé ma bouffe durant l’effort.

Comme le TARC 50 est une course de nuit, le départ est donné à 19h le vendredi soir. Marie-Pier, qui faisait aussi la course, et moi avions décidé de partir le jeudi pour avoir une bonne nuit de sommeil là-bas et une journée relax à Boston. Dans mon soucis d’être bien préparé, j’avais fouillé sur le web pour trouver des adresses de restos végétariens ainsi nous nous sommes installés au Life alive pour un repas succulent et «full énergisant» suivi d’un smoothies aussi vivifiant. Life alive, une bonne adresse à Boston (Cambridge en fait).

Pour se rendre sur le site de la course, nous empruntons une très belle route surplombée de gros arbres et agrémentée de propriétés dont les cabanons me suffiraient amplement… Sur le site déjà les bénévoles sont actifs et empressés de nous aider et bien nous conseiller.

Préparation d'avant course...

Préparation d’avant course…

On rejoint Vincent qui est aussi inscrit au 50 milles et tous ensemble en rigolant on se prépare en prévision d’une nuit à courir dans des sentiers. Juste avant le départ, le «race director» y va de quelques informations du genre: I made the 25 miles loop this morning and, you know we had a lot of rain this week, so in some places I had water and mud above the knees…but anyway you are here for some fun!

Le race director nous mettant en appétit...

Le race director nous mettant en appétit…

À 19h pile le départ est donné et une longue file de coureurs tout propres s’élancent, certains pour 50 miles et d’autres pour 100 miles soit 4 boucles de 25 miles. Cette fois je suis dans mon élément. J’ai « du spring » dans les jambes et les premiers km passent très bien. Je remonte le peloton à mon rythme sans jamais aller « dans le rouge ». Les premiers gros trous de boue se présentent après 8km. Du « gros stock » que certains tentent d’éviter. Je passe au centre du premier. Comme ça, une fois bien sale, je ralentirai encore moins aux autres.

On viens de partir, les mollets sont encore bien propres!

On viens de partir, les mollets sont encore bien propres!

Le parcours est très bien balisé malgré nos apréhensions…vu en plongé, le trajet ressemble à une piste laissée par un chien renifleur à la recherche d’une souris hyperactive. Je m’applique à suivre mon plan de match: aux 30 minutes je bouffe des trucs énergétiques accompagnés d’une capsule d’électrolyte et de gatorade. Entre ces 30 minutes je bois bcp et j’arrête brièvement aux aid stations pour ramasser quelques fruits et/ou patates salées. Je cours avec un sac d’hydratation de 2 litres ainsi je n’ai pas besoin de remplir souvent. Le plan fonctionne A1. Je dépasse les coureurs un par un sans jamais me faire dépasser. Je rattrape Vincent après environ 20 miles. Nous faisons un bout ensemble et dépassons quelques coureurs. Il s’arrête aux toilettes et je continu en marchant d’abord puis constatant qu’il n’arrive pas je me remets à la course. En reprenant la course, Vincent a manqué une intersection. Il a ainsi passé une boucle qu’il a fait en double lorsqu’il a complété son deuxième tour. De mon côté, sans baisse d’énergie, je complète ma première boucle en 4h15. J’enfile un t-shirt sec puis me rend à la table de bouffe. Les bénévoles me trouvent un café que je prends le temps de boire bien assis. Le race director est juste à côté et tout en jasant me masse les épaules! Je repars de là bien décidé à « aller chercher » quelques autres places.

Le trajet d'une boucle de 25 miles!

Le trajet d’une boucle de 25 miles!

Les km défilent et j’ai encore l’énergie nécessaire pour courir d’un bon rythme les sections qui ne sont pas trop bouetteuses. Dans une section roulante, je lève un chevreuil qui me donne un bon high d’adrénaline! Voilà le Trail Animal!!! Ça roule bien jusqu’au 40eme mile où je frappe un premier mur. Je n’arrive pas à manger et le gatorade passe moins bien. Je ralenti et parcours péniblement 5 miles me séparant du prochain aid station. Je croise Vincent au mile 45,5 (pour lui c’est le mile 47,7). Il a bonne mine et se dirige vers le finish de son premier 50 miles. Un medic me donne des « Rolaids » et du Coke pour faire passer mes maux de ventre. Je repars et un peu plus loin j’essai de vomir mais il semble que rien ne veut ressortir. Parfait donc! Je m’impose de courir ce qui reste en me disant que le fil d’arrivée passé j’aurai tout le temps nécessaire pour me remettre de ces petits malaises. Les Rolaids font leur boulot et moi le mien. Je me lance dans la dernière boucle de 2 miles puis un très bref arrêt au même aid station pour remercier le medic car je vais déjà mieux. Je suis maintenant à environ 2 petits miles du finish et en mesure d’apprécier ma course dans tous ses aspects. Le terrain qui devait être « facile » car sans grand dénivelé s’est avéré difficile mais je considère avoir bien géré la situation.

Alors que je sors de la forêt pour la toute dernière section, je réalise que le soleil se lève et j’éteint aussitôt ma lampe pour apprécier ce moment. L’idée de ralentir pour apprécier ce levé de soleil m’effleure l’esprit mais je choisi de plutôt foncer. À l’arrivé je suis surpris (et content!) d’être accueilli par Marie-Pier. Après l’équivalent d’avoir couru un marathon dans ces conditions de sentiers pas faciles, elle a senti que le fun n’y était plus. Vincent y est aussi, arrivé avant moi d’environ 30 minutes.

En apercevant au finish une boîte contenant une quantité impressionnante de puces de chronométrage, j’apprends qu’il y a eu une quantité très significative de DNF. Autant au 50 miles qu’au 100 miles, c’est environ 40% des coureurs qui «ont mis le flasher à droite» pendant ces épreuves. Et ces chiffres ne tiennent pas compte de ceux et celles qui n’ont tout simplement pas pris le départ…

En sirotant des verres de soupe chaude, je revois ma course et réalise que, pour moi, ça a vraiment été une bonne journée…plutôt une bonne nuit! Je n’ai pas été dépassé par un seul coureur dans la deuxième boucle de 25 miles alors que j’en ai dépassé plusieurs. Un seul mur dans une course de 80km, je prends ça comme un minimum et j’ai connu bien pire. Le matériel a tenu le coup et le body aussi. De quoi me souvenir quand je frapperai mon premier mur au Vermont 100.

En terminant, un mot sur l’organisation du TARC50 et du TARC 100. TARC signifie Trail Animal Running Club et la volonté de ce club est de faire bouger le plus grand nombre en minimisant les coûts. L’inscription à ces deux courses était de 60$ (les moins coûteux 100 miles et 50 miles aux USA) et les coureurs étaient invités à apporter de la nourriture pour garnir les aid-stations. un t-Shirt gratuit mais pas de médailles et les finishers du 100 miles désirant une boucle de ceinture doivent l’acheter. Une belle formule permettant à tous de participer à un tel événement.

Les trail animals!

Les trail animals!

Prochaine course, l’Ultimate XC pour un cinquante-quelques km de trail. Si j’ai un seul conseil à donner pour cette course, c’est de regarder aussi à hauteur d’yeux

Boston

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