Mon blogue précédent a été mon deuxième plus populaire blogue. Je poursuis dans celui-ci une réflexion similaire traitant de bonnes pratiques d’entraînement, cette fois par l’entremise de quelques amis coureurs qui visent un niveau de performance élevé.

Voyons sommairement comment ces coureurs, bien plus disciplinés et performants que moi, en sont arrivés à leur niveau de performances et à quoi ressemble leurs semaines d’entraînements.

D’abord Kenny Beaudette, qui en plus de coacher plusieurs coureurs en Estrie est un coureur d’élite au Québec sur 5000m. Quand vous dites à quelqu’un «je reviens dans quinze minutes», ben Kenny a presque le temps de courir 5km pendant ce temps-là!!!

Kenny que j'ai eu l'occasion de capter en plein vol lors d'un 5km hivernal autour du Lac des Nations à Sherbrooke.

Kenny que j’ai eu l’occasion de capter en plein vol lors d’un 5km hivernal autour du Lac des Nations à Sherbrooke.

Son pb est de 16:03 et il espère retrancher une vingtaine de secondes à ce temps cet été. Il s’entraîne depuis environ 8 ans et court 90km/sem qu’il souhaite, me dit-il, monter à 100 au plus fort de sa saison. Pas 250 là, 100 soit augmenter de 11% réparti sur plus d’une semaine… Je lui ai demandé combien de kilomètre par semaine les coureurs de 5000m de calibre mondial courent-ils: «Cam Levins (olympien Canadien à Londres sur 5000 et 10000m) court environ 190 à 240km par semaine ses grosses semaines!»

Sébastien Roulier quand à lui est une figure connu au Québec pour avoir gagné plusieurs courses sur routes et souvent en poussant un chariot avec ses enfants dedans! Sébastien est médecin pédiâtre et professeur adjoint à la Faculté de médecine ainsi il me dit qu’il partage son temps entre sa passion pour la course, sa famille comptant sa conjointe et trois enfants et son travail. J’ai oublié de lui demander s’il lui arrive de dormir…

Sébastien capté lors du Door2Trail 2012, une course qui le représente bien puisqu'il excelle autant sur route que sur sentier! (Photo par Luc Hamel)

Sébastien capté lors du Door2Trail 2012, une course qui le représente bien puisqu’il excelle autant sur route que sur sentier! (Photo par Luc Hamel)

Il a commencé à courir en 2000 et s’est donné comme objectif de courir un marathon cette même année. Il a commencé par courir un marathon par année puis 2 puis 4 puis 8… Suite à une blessure en 2006, il me dit qu’il s’est mis à s’entraîner plus sérieusement et à participer à des courses plus courtes. Accro aux marathons, il a augmenté son kilométrage hebdomadaire afin d’être plus compétitif. Après ses succès sur la distance de 42,2km, il fait son premier ultra (50 milles) en novembre 2011. Depuis il diversifie ses distances en compétition et le type de terrain. Il me dit faire entre 140 et 160km/sem qu’il complète avec du spinning pour un total autour de 12h d’activité par semaine. Ce 12 heures n’inclut pas ses 45 minutes quotidiennes où il fait des étirements… Sa «recette» semble bien lui réussir puisque Sébastien est un habitué des podiums. Cet été il représentera le Canada aux Championnats mondiaux de trail et à l’automne il fera de même aux Championnats mondiaux de 100km sur route !!!

Alors que Kenny peut presque courir un 5k pendant que vous partez 15 minutes, mon troisième coureurs interrogé fait dans du plus long…Avec Jocelyn Corbeil vous pourriez plutôt dire: «Je reviens dans un jour ou deux» Pendant ce temps-là lui il courra l’Ultra trail du mont blanc en 38 heures… Et ce n’est pas le truc le plus long qu’il a fait! Jocelyn a un parcours atypique. D’abord skieur alpin puis cycliste de contre-la-montre. Il interromp sa pratique sportive pendant ses 9 ans d’étude en dentisterie. Ensuite il refait des contre-la-montre mais est attiré par les courses multi-sports comme le Jay Challenge (kayak, course, vélo de montagne) S’en est suivi de nombreux raids-aventure qui, chacun, durait plusieurs jours. Dans plusieurs cas ces raids sont non-stop ainsi le temps de sommeil est réduit au minimum…ou moins! Les raids incluent toujours de longues sections de course/trekking ainsi d’«avancer» pendant 24h n’est pas nouveau pour Jocelyn lorsqu’il s’inscrit à son premier ultramarathon. Ne faisant rien à moitié, il choisit une des courses réputée parmi les plus difficile au Canada: la Death race. 125km en terrain montagneux.

Le mont Ham, un des terrains de jeux favoris de Jocelyn qu'il monte plusieurs fois par entraînement...

Le mont Ham, un des terrains de jeux favoris de Jocelyn qu’il monte plusieurs fois par entraînement…

En 2011 il termine l’UTMB en 38h, croisant le fil d’arrivée avant quelques coureurs de réputation internationale. Il prévoit y retourner cette année avec comme objectif de baisser son temps entre 30 et 35h. Pour ce faire Jocelyn s’entraîne entre 10 et 14h par sem. Il complète par des étirememts et de nombreuses séances, la tête en bas, sur une planche d’élongation. Après avoir eu des douleurs au dos difficiles à traiter, cet équipement, me dit-il, est le meilleur investissent de 200$ qu’il a fait de sa vie! Récemment Jocelyn s’est blessé à une cheville au Bear Mountain 50 milles. Loin d’être démoralisé, il m’écrit que sa blonde et ses kids ont aussi participé et ont bien couru et termine ainsi: «Je suis encore plus minder pour l’an prochain… Je vais avoir le couteau entre les dents et referai pas la même gaffe ! À l’instar de Sébastien, Jocelyn a aussi à cœur que sa famille partage sa passion et participe aux événements auxquels il s’inscrit. Antoine, à seulement 11 ans, a d’ailleurs réalisé un chrono impressionnant au 5k de Bear Mountain, terminant 22ème overall sur 155 coureurs.

Run mémorable de la veille de Noël 2011 au Mont Ham avec Rémi Girouard, Pierre-Luc Girouard et Jocelyn.

Run mémorable de la veille de Noël 2011 au Mont Ham avec Rémi Girouard, Pierre-Luc Girouard et Jocelyn.

À la Canadian Death Race, Jocelyn a eu l’occason de discuter avec un autre compétiteur qui l’a marqué et a influencé sa vision à long terme de sa pratique de la course: «Un monsieur de passé 70 ans qui courait ce parcours brutal. 40% seulement finissent et lui finissait pour la 9ème fois. J’ai réalisé que c’est ça que je veux, être capable de courir à 70 ans.» Il poursuit en me disant qu’il a promis à son fils qu’un jour ils monteraient ensemble des volcans en Patagonie comme ceux parcouru durant ses courses d’aventure.

Remarquez-vous que, malgré de grandes différences dans les spécialités de ces trois coureurs et du niveau de performance, tous ont eu une progression très graduelle. L’autre truc remarquable est qu’il n’y a pas que les ultramarathoniens qui font des semaines à volume élevé, il y a aussi les athlètes visant des performances élevées.

Bonne saison à tous et n’oublions pas qu’il y a bien plus important que courir vite ou longtemps, il y a la santé.

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