Je ne suis pas phd en bioméchanique ou psychologue spécialisé en visualisation positive appliquée aux sportifs olympiques alors prenez ceci avec un grain de sel. Habituez-vous car depuis que je cuisine, je prends tout avec un grain de sel! Je suis simplement quelqu’un qui court pour le plaisir et qui, les bons jours, a plus de plaisir quand il court plus longtemps. Avec mon 3h43 au marathon et 19min au 5km, je ne fais décidément pas partie de l’élite des coureurs. Par contre pour le niveau de plaisir, j’essaie de rester au top!

Depuis longtemps, la course est une de mes façons de me préparer pour des expéditions en montagne. Au début des années 2000, je réalisait des ascensions ou randonnées rapides de durées allant jusqu’à 17h. En 2006 je faisait mon premier marathon puis en 2007 mon premier ultra en trail, le Jay marathon (environ 55km pas faciles). C’est le coup de foudre, j’ai trouvé un sport que j’adore et, en même temps, j’ai presque trouvé le fond de la tank… Ensuite je planifie quelques courses dont un marathon et un ultra par année jusqu’en 2012 où je décide de consacrer plus de temps à la course et m’inscris à mon premier 100 milles. Je consacre régulièrement une douzaine d’heures par semaine à mes entraînements et parfois plus. Je ne calcule pas mon kilométrage mais plutôt les heures passées à bouger. Mes plus longs entraînements durent 7-8hres et dans les dernières grosses semaines avant le 100 milles de l’an dernier, je courais moins souvent mais chaque sortie durait 2h ou plus.

Le finish du Jay Marathon en 2007. Mon premier ultra.

Le finish du Jay Marathon en 2007. Mon premier ultra.

Ça m’emmène aujourd’hui à connaître beaucoup d’amateurs de course à pied et quelques coureurs élite. Ça m’emmène aussi à constater que plusieurs personnes souhaitent se confronter à des parcours toujours plus longs. Je vous comprends, j’en suis moi aussi. Je suis par contre souvent surpris devant la rapidité déconcertante à laquelle certains passent du 5km à l’ultramarathon et aux multiples ultramarathons après seulement quelques saisons de course à pied.

Bien sûr il y a des extra-terrestres comme David Goggins qui se lancent dans des courses de 100 milles sans même avoir complété un seul marathon ou Marshall Ulrich qui a couru 100 km/jour pendant près de 2 mois sans interruption! Mais pour le commun des mortels, il y a une courbe d’apprentissage plus ou moins longue qui mène, selon moi, à de bonnes chances de courir longtemps (dans une même course) et courir longtemps (en années). Ça s’appelle faire ses classes et être patient! Que ce soit en course, en cuisine ou en guitare, il faut pratiquer et pratiquer encore pour devenir à l’aise puis devenir pas pire. Avec le temps, certains deviendront bons et quelques uns deviendront virtuoses. L’attitude Star Académie où on devient bons instantanément je trouve que ça goûte le café instant!

Ce que je veux dire ici c’est simplement que l’entraînement demande du temps et que l’entraînement pour courir du plus long demande beaucoup de temps. Vouloir devenir performant aussi demande beaucoup de temps.  C’est une réflexion nécessaire à avoir avant de penser s’inscrire à une course qui nous demanderas plus d’heures d’entraînement. Est-ce que je pourrai mettre le temps de façon régulière semaine après semaine, année après année? Parce que ce serait une bien mauvaise idée de penser qu’une «petite» semaine d’entraînement (à cause de la vie…) peut être compensée par une semaine ou on double le kilométrage.

Certains concepts sont assez largement acceptés dont celui qui dicte de ne pas augmenter la charge d’effort de plus de 10% par semaine. Par exemple en ne considérant que la distance, si vous courez 40km une semaine, la suivante ne devrait pas dépasser 44km. C’est une règle générale. Par contre ça mets en évidence l’essentiel: si tu sautes des étapes, les risques de blessures montent proportionnellement. C’est simple de même! Oubliez le 10% si vous voulez mais rappelez-vous qu’il faut augmenter graduellement et que plus vous faites n’importe quoi plus vous diminuez vos chances de faire un vieux coureur ou une vieille coureuse! J’appelle ça courir vers l’hôpital…

La passion pour la course et la multiplication des événements fait aussi en sorte que l’on est bien tenté de s’inscrire à des courses tous les weekends. C’est certain que c’est agréable d’aller à ces événements et y croiser toutes ces personnes qui partagent notre passion mais vous devez faire la différence entre un entraînement et une compétition…Un entraînement est réalisé en fonction d’acquérir des habiletés. Une compétition est habituellement réalisée pour se surpasser en vidant la tank. Une compétition ça hypothèque les jours suivants, un ultra ça peut être les semaines suivantes… Pensez-vous réaliste de vous surpasser chaque fin de semaine? Les athlètes qui visent de grandes performances, choisissent certaines compétitions auxquelles ils veulent «tout donner». Mon humble conseil serait, si vous voulez multiplier les compétitions, de choisir les courses où vous voulez performer et de participer aux autres comme si c’était des entraînements. C’est facile si vous courez pour vous-même et pensez à long terme mais c’est plus difficile si vous courez uniquement concentré sur un temps rapide qui sera affiché sur Sportstat puis sur Facebook…

Et si vous  ne pouvez envisager l’idée de ne pas être partie prenante d’un événement, l’autre solution qui vous donnera une chance de faire des vieux et des vieilles agréables, c’est d’inclure dans vos weekends d’événements sportifs des participations à titre de bénévoles! C’est franchement très agréable de voir nos amis et connaissances se défoncer et réaliser de belles performances personnelles. Et tous les directeurs de courses seront ravis de compter sur des habitués des courses comme bénévoles parce que vous, vous comprenez ce que les athlètes ont besoin pour se dépasser. Ça fera changement de ces gentils bénévoles qui ne savent pas où ils sont, ni dans combien de kilomètres sera le prochain ravitaillement!

Lever de soleil sur les préparatifs du Marathon de Magog où j'étais bénévole en 2012 et probablement aussi en 2013!

Lever de soleil sur les préparatifs du Marathon de Magog où j’étais bénévole en 2012 et probablement aussi en 2013!

J’ai questionné quelques personnes que je considère comme étant d’excellents coureurs et vous pourrez constater comment chacun d’eux a mis des années à atteindre le niveau de performance et /ou de volume d’entraînement qui leur permet aujourd’hui d’être très compétitifs. À lire très bientôt dans mon prochain blogue!

NB: David Goggins s’est fracturé des os des deux pieds lors de son premier 100 milles…

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