Courir et autres plaisirs…Parmi ces plaisirs, il y a évidemment la bonne bouffe mais il y a deux mois ma vision d’une bonne bouffe a pris un virage à 180degrés. Voici mon histoire…

Ma mère aimait cuisiner et la cuisine était son domaine. J’ai épluché des patates en masse mais, je le regrette aujourd’hui, je n’ai jamais appris avec elle comment on prépare une bonne bouffe pour la maisonnée.

J’étais un enfant qui ne mangeait rien…Parce que j’avais le choix! Je pouvais à ma guise lever le nez sur les plats mijotés de ma mère et elle me donnait ensuite 3 choix : des céréales, un burger du restaurant voisin ou un dîner congelé (ceux avec des petits pois vert fluos) que j’allais chercher à notre magasin général. Entre les repas, je me goinfrais de toutes les sucreries imaginables du magasin.

Mon grand-père et mon père, tous deux marchands. C'était à une époque où on ne se touchait pas beaucoup «entre hommes» ;-)

Mon grand-père et mon père, tous deux marchands. Mon père racontait qu’avant les tests pour la conscription (quels Canadiens iraient à la guerre 39-45), il avait bouffé plein de chocolat. Résultat: il ne l’ont pas pris parce que, selon eux, il ferait du diabète! Il n’a jamais été diagnostiqué diabétique…

Ensuite j’ai survécu pendant 2 ans au Cegep en ne mangeant presqu’uniquement MA recette : riz instant à la cassonade. 2 ingrédients. Le premier bol c’est le plat principal et le deuxième c’est le dessert…J’ai commencé à cette époque-là à apprécier les bouffes communes et surtout à essayer la différence.

J’ai ensuite passé l’essentiel de ma vie d’adulte à préparer des repas sans saveur lorsque je ne mangeais pas au resto. Les céréales ont aussi constitué un maillon fort de mon alimentation lorsque j’était seul. Mon absolu manque de talents culinaires n’a eu d’égal que ma maladresse à simplement suivre une recette et mon absence de volonté d’amélioration.

Curieusement depuis longtemps j’apprécie la nourriture haute en saveurs et les bons restos. Je sais différencier un burger d’une moussaka et un confit de canard d’une aile de poulet de Scores. Mais il était clair dans mon esprit qu’un repas complet d’une bonne bouffe m’était aussi impossible à réaliser qu’un concerto de piano en fa mineur. Je n’ai donc pas vraiment essayé pendant des années.

Ma blague préférée lorsque quelqu’un de bien intentionné tentait de m’expliquer une recette était celle-ci : Est-ce que ça prends un chaudron? «Oui» Aaaah laisse faire d’abord!

Lancement, il y a quelques années, d'un faux livre de recettes  ;-)

Lancement, il y a quelques années, d’un livre de recettes 😉

J’aimais la viande. Pour agacer des amis qui me demandaient si j’aimais les animaux, je répondais: j’adore les animaux…avec de la sauce pis des patates!

Arrêter de consommer de la viande n’a été qu’un des éléments de mon plan pour entreprendre un chantier beaucoup plus vaste : intégrer la cuisine santé dans ma vie. Prendre le temps de cuisiner, trouver des façons d’aimer ça et que ce soit bon au goût et pour la santé de ceux et celles qui partagerons ces repas. Pour ma part, cesser de consommer de la viande est aussi motivé par l’impact environnemental extrêmement néfaste associé à la production d’«animaux de boucherie».

Au début j’ai eu besoin d’ouvrir une bouteille de vin pour cuisiner. Pour faire de ce moment un moment agréable après des années d’auto-négativisme entourant ma présence dans ma cuisine! J’arrive maintenant à cuisiner sans ouvrir une bouteille, particulièrement au déjeuner 😉

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Bien au delà de ce que contient mon assiette, mon attitude face à ce qui entoure la préparation d’un repas a été le changement le plus radical. De ne pas consommer de viande m’a ouvert les portes d’un monde de saveurs et de gouts. À ma grande et agréable surprise, ces plats santé sont souvent faciles à préparer et aussi bons réchauffés que frais préparés.

Les légumineuses et autres sources de protéines qui suppléent à la viande se conservent longtemps. Cela simplifie grandement la planification du garde-manger.

Pour le moment je n’ai pas complètement retiré les poissons et fruits de mer de mon alimentation. Je n’en achète que rarement et garde un peu cette option pour les sorties au resto où l’offre végétarienne est souvent médiocre. Par contre je fais le deuil du saumon sauvage et du thon. Mon chum Martin me faisait remarquer que de manger ces espèces qui sont en haut de la pyramide alimentaire, c’est comme manger du tigre…

Pour les premières fois de ma vie, il m’arrive de constater que la bouffe que j’ai préparée est meilleure que ce que je peux avoir au resto. OK je sais que plusieurs d’entrevous souriront de ce fait! Mais dans mon cas c’est énorme. Je vous jure que j’ai réussi pendant des années à popoter des trucs infâmes, les jeter au compost et ensuite me rendre chez Louis. Je tente de n’être pas trop consommateur et la seule place ou une caissière me reconnaissait à Sherbrooke c’était chez Louis…

Alors lorsqu’on se croisera, ne me demandez pas si j’ai recommencé à manger des animaux (oui oui de la viande ça viens des animaux), demandez-moi plutôt des recettes de potages, de sautés de tofu ou de pâté végétarien!

Je fais encore des erreurs comme oublier de faire cuire du riz car trop concentré sur les légumes de mon riz aux légumes mais j’essaie de m’améliorer. Je suis sorti de ma zone de confort et le plaisir de partager une bonne bouffe viens parfois de cette zone que vous appelez cuisine et que j’ai longtemps considéré comme un champ de bataille avec moi-même.

Dans quelques mois je serai en mesure de constater si ce changement dans mon alimentation m’a été bénéfique quand à mon niveau d’énergie. Pour le moment, après deux mois, tout ce que je sais c’est que je me sens franchement bien et que j’ai réalisé mon meilleur temps sur un 10km…OK c’était un 9km parait-il. Mais c’est mon meilleur temps sur 9km anyway!

Après environ 2 mois d’un changement majeur et incroyablement bénéfique dans mon approche de l’alimentation, je tiens à remercier tous les gens qui m’on encouragé de toutes les façons possibles: recettes, invitations, livres, etc. Il y en a beaucoup trop pour tous les nommer.

Si j’avais à donner un «grand prix» à une personne pour son aide, le prix irait à Luc Hamel simplement pour m’avoir fait connaître le site de Ashley McLaughlin: Edible perspective. Je fouille son blogue/site et j’ai envie de faire l’épicerie puis d’ouvrir une bouteille et le four en même temps. En plus elle est plutôt bonne photographe alors c’est simple: son site se déguste comme un bon vin.

Bon appétit!

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