Quelle effervescence il y avait avant le X-Trail Orford cette année! Mes amis ont presque fait exploser les serveurs informatiques de Facebook! Des centaines de coureurs  nerveux et pas seulement des débutants qui espèrent « être capable de finir ». J’ai parlé à certains des favoris qui m’ont dit avoir franchement hâte au coup de départ pour arrêter de stresser et enfin se lancer sur ces sentiers.  Qu’est-ce qui fait de cette course « la plus populaire course en sentier » au Canada?

Je crois bien que c’est une combinaison de facteurs qui font de cette course un happening fort couru. (un jeux de mots pas pire ça!) Il y a d’abord l’organisation. Depuis 5 ans que Nicolas et Annick se donnent comme objectif de faire de cette journée une occasion de dépassement dans une atmosphère sympathique. Au fil des ans le nombre d’inscriptions est passé de 300 à plus de 1600 et les services offerts aux coureurs ont aussi augmentés. Cette année une garderie a accueilli 17 enfants et l’épreuve des jeunes a été couru par 218 enfants de 3 à 12 ans. Les 3 distances répondent aux attentes d’une grande variété de coureurs et coureuses et il est clair que le parcours de 21km est devenu cette année un genre de championnat Québécois de la course en sentiers. Le haut niveau des aspirants au titre de gagnant de cette course en dit long sur l’intérêt des coureurs élites à se démarquer lors de cet événement. Jamais je n’avais vu au Québec autant de «gagnants» de différentes épreuves réunis sur la ligne de départ d’une même course en sentiers.

À côté des élites, je devrais plutôt écrire derrière les élites ;-), il y avait cette année des centaines d’amateurs de courses semblant absolument heureux d’être partie prenante de cette compétition. Peut-être parce que la date de l’événement en fait une fin de saison pour plusieurs après des semaines d’entraînements rigoureux. Peut-être simplement parce qu’il y a tellement de coureurs présents, tout le monde y est!

Tout ça dans un des beaux parcs du Québec. Personnellement je n’aime pas beaucoup courir dans les pistes de ski de fond comme on doit le faire au début du parcours du 21km. Mais ceux qui y étaient cette année ont remarqué j’espère les couleurs des feuilles alors que le soleil perçait. Moi ça m’a fait mieux passer ces 12-13km que je trouve toujours difficiles. L’escalier du nord que l’on grimpe ensuite en fait baver plus d’un mais représente l’essence même de la course en sentiers. C’est de courir dans des sections comme celle-là qui font la réelle différence entre les «coureurs de routes» et les «coureurs de trails». Il y a bien sûr les crêtes où cette année nous avons pu sentir le vent typiques des montagnes, à la fois rafraichissant et déstabilisant. Comme je n’ai jamais fait les parcours de 5 et 10km, je ne peux vous en parler beaucoup mais ils semblent aussi appréciés des coureurs qui s’attaquent à ces distances.

Le mont Orford tel qu’il resplendissait le matin du X-Trail. À droite de la photo on peut voir une partie des crêtes.

De plus cette course bénéficie du dévouement d’une centaine de bénévoles qui s’affairent, pour certains pendant 24 heures, pour s’assurer de notre plaisir. Ils ne ménagent rien pour faire en sorte que notre expérience soit bonne dans un contexte le plus sécuritaire possible. Alors que nous nous réchauffons en courant, habillés comme en été, des bénévoles attendent, habillés comme pour faire du ski-doo, aux intersections et aux stations de ravitaillements…

Emmanuel Dupuy terminant le parcours du 21km

Et pour ma part, cette course est devenue un incontournable dans ma saison. L’an dernier j’avais réalisé un temps dont j’étais fier en faisant le parcours de 21km en 2h35m. Cette année j’ai atteint mon objectif de baisser mon temps de 5 minutes pour être sous les 2h30. Curieusement ma course s’est déroulée très différemment de l’année dernière pour ne pas dire moins bien…

L’an dernier j’étais parti assez conservateur sur les premiers 12km, m’économisant pour la suite des choses. J’avais dépassé plus d’une dizaine de personnes uniquement dans l’escalier du nord et j’avais pu courir «à bloc» toute la crête avec mon amie Rachel Paquette, médaillée d’or chez les femmes. Cette année j’ai poussé plus dans les premiers 12km.  J’ai ensuite dépassé 5-6 personnes dans l’escalier du nord et au début des crêtes où j’ai couru en compagnie de Jasmine Ramos (troisième chez les femmes) jusqu’à ce que des crampes viennent gâcher une partie de mon plaisir…une bonne partie! Alors que j’ai l’habitude de courir quand-même lorsque j’ai des crampes, j’ai choisi cette fois de m’arrêter pour m’étirer, m’hydrater, manger et prendre des capsules d’électrolytes. Pas question cette fois de courir sur des jambes crampées et d’en avoir pour 2 semaines à m’en remettre. Bien sûr toutes les personnes que je venais de dépasser m’ont à nouveau doublés mais je me suis remis en marche puis au pas de course et les crampes ont presque complètement disparues. D’abord convaincu que je serais moins rapide que l’an dernier, j’ai quand-même décidé de tout donner et voir où ça me mènerait. Plus j’approchait du sommet d’Orford plus je me disait que tout n’était pas perdu et qu’en poussant je n’atteindrait peut-être pas les 2h30 mais je pourrais probablement quand-même battre mon temps de 2011.

En arrivant au sommet du mont Orford. (Photo François Mellet)

Une fois le sommet atteint, je me suis mis à littéralement débouler la piste «4km», doublant probablement une vingtaine de coureurs du 10km qui partageaient cette descente avec nous. Sans ralentir et dans un contrôle très relatif j’ai risqué gros pour descendre très rapidement l’«escapade», la section la plus glissante du parcours. Ne restait plus qu’à ensuite remonter un peu et se laisser descendre sous les chaises où j’ai constaté que, malgré mon arrêt sur les crêtes, j’arriverais sous les 2h30.

À l’arrivée du X-Trail Orford 21km. (Photo Marie Massé)

À la fois heureux d’avoir atteint mon objectif et déçu d’avoir dù «gérer» des crampes, je garde de cette épreuve un autre excellent souvenir et une expérience de plus sur laquelle m’appuyer lors de mes prochaines courses. Et cette fois je n’ai pas eu le plaisir de côtoyer longuement Rachel sinon avant le départ! Partie sur son beat de reine du crossfit, je l’ai observée sur quelques kilomètres s’éloigner graduellement et l’ai revue bien plus tard en revenant du bar! Elle venait de gagner le 21km chez les femmes en améliorant son temps de 12min30sec par rapport à l’année dernière! Elle obtenait ainsi une troisième victoire en 5 ans sur le parcours de 21km.

Je ne peux passer sous silence un aspect regrettable qu’on observe parfois et qui a eu, cette année, des conséquences déplaisantes pour certains et certaines en les privant d’un podium mérité. Les échanges de dossards…Je connais ça, je l’ai déjà fait dans une course où j’avais, dans le meilleur des cas, la possibilité d’arriver 5000ième… Les responsables du X-Trail avaient clairement indiqué cette année, pour accommoder le plus grand nombre, qu’ils accepteraient que des gens offrent leur dossard s’ils ne pouvaient pas courir. Par contre c’était aussi clair que cela devait se faire correctement soit d’aviser le directeur de course et que lui seul transfèrerait les dossards à d’autres coureurs inscrits sur une liste d’attente. Malheureusement certaines personnes ont agi sans considération envers les autres coureurs et coureuses. Au moins deux cas impliquant des podiums…Par exemple au 5km un gars a gagné la catégorie femme… Comme on!!! Si vous êtes trop tard pour vous inscrire, devenez bénévoles, reprenez-vous l’année suivante et évitez de mettre le trouble dans un sport reconnu pour son côté sympathique et qui pourrait probablement s’auto-arbitrer comme un tournoi de frisbee!

Prochaine course : Le trail des amis de Bromont

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