Avant de vous raconter ma course au X-Trail Orford, je vais vous raconter celle qui a précédé et à laquelle j’ai réussi ma meilleure position cette année. Je vous raconterai l’autre dans quelques jours.

Le Club de course de trail Le Coureur a organisé à la fin de septembre la première édition de «La montée d’Orford». Une course unique et à sens unique. Ici pas de préambule, pas de deuxième chance, ça passe ou ça casse! Le parcours débute au pied des pentes de ski alpin et se termine au sommet. Que de la montée sur 3,5km parcouru sur la route menant au sommet.

Je vous ai déjà dit que je ne suis ni un coach, ni un exemple de discipline? Si je réussi à courir de bonnes distances, c’est surtout que j’ai une tête de cochon et un body qui tiens le coup. Voici comment cette course atypique s’est passée pour moi…

D’abord il est clair qu’une bonne nuit de sommeil et la modération dans l’alcool la veille d’une compétition favorise de bonnes performances sportives….Ainsi pour ces deux raisons je me suis levé ce samedi matin de course avec l’impression évidente qu’être bénévole plutôt que de me traîner jusqu’au sommet serait LA chose à faire. Aussitôt arrivé au chalet de ski, je me suis donc rendu voir le directeur de course, nul autre que mon ami Junior Maheu, pour lui offrir mes services à titre de bénévole. Il a aussitôt rejeté mon offre du revers de la main en m’encourageant à faire la course puisque j’étais inscrit et qu’il ne manquait pas de bénévoles. C’est probablement à ce moment-là qu’il s’est dit que je ne figurerait pas dans son top 10, ce qu’il me dit si gentiment après la course 😉

Armé d’un café fort, j’entrepris donc de me refaire une santé avant de m’attaquer à cette montée. Je débutais ma période d’échauffement avant tout le monde, conscient qu’habituellement je commence «à être dedans» après environ 45 minutes de course alors que cette montée ne devrait pas m’en prendre plus de 30! Les premiers mètres me font regretter mon empressement à vider les bouteilles de rouge de la veille. J’ai chaud et j’ai froid en même temps. Je me dis que dans moins de 2 heures tout ça sera fini et c’est ce qui me permet d’envisager l’avenir avec sérénité… Mais assez rapidement mon état s’améliore et le plaisir reprend le dessus. Par contre je ne fais que du plat dans les stationnements autour, comment ça ira quand ça montera sans cesse demeure une zone inconnue.

Passé du café à l’eau, je m’hydrate comme je peux mais il est trop tard pour manger quoi que ce soit.  Il reste environ 15 minutes d’échauffements avant le signal du départ et j’en profite pour faire des accélérations en montant. Curieusement mon corps semble prêt à se lancer dans cette course malgré une préparation pour le moins déficiente dans le dernier 24 heures. Cette fois c’est mon corps qui a convaincu la tête que je pouvais le faire alors que dans les ultras c’est franchement l’inverse!

Sur la ligne de départ, les favoris comme Kenny Beaudette et Luc Hamel et aussi des coureurs et coureuses qui ont fait leurs preuves comme Nicolas Taillefer et Mélanie Nadeau. Je sais que je me débrouille pas mal quand ça monte mais par rapport à ces athlètes pour qui j’ai un grand respect et avec qui j’ai partagé des entraînements, je sais que je devrai sortir de ma zone de confort car sinon je ne les verrai que de loin! Et ça adonne bien car depuis que je suis réveillé que je suis hors de ma zone de confort!!!

Le départ est donné par Jean-François, le coach du Club de Trail Le Coureur et aussitôt je me lance sans me préoccuper des athlètes qui m’entourent. Je suis assez expérimenté en montée pour trouver mon propre rythme idéal même s’il s’agit d’une matinée un peu particulière. Je vois bien que plusieurs sont partis trop vite mais je ne me laisse pas embarquer et je continue à mon rythme, alternant la course et la marche. Dès que c’est un peu plus raide, je marche en poussant fort sur mes bâtons et je dépasse quelques personnes même si celles-ci courent. Environ à mi-chemin j’ai un bon feeling quand je réalise que je dépasse d’autres coureurs et qu’un seul coureur m’a dépassé depuis un moment et qu’il s’agit de Jean-François Laroche, un champion cycliste qui a passé à côté de moi avec le double de ma vitesse alors qu’il donnait l’impression de faire une balade en famille!

Dans le dernier tiers, je commence à avoir du mal à tenir le rythme. Au coude à coude avec Mélanie et Nicolas, je suis simplement content d’être parfois devant et parfois sur leurs talons. Je sais très bien que ces deux athlètes d’expérience ne vont pas casser dans la montée finale alors si je veux arriver en haut avant eux, je devrai «attaquer»…Mais Nicolas le fait avant moi. Je ne peux que le regarder s’éloigner dans les derniers 100 mètres alors que Mélanie a aussi repris la tête devant moi. Jusqu’à l’arrivée je continue de pousser de mon mieux mais c’est peine perdue et Mélanie mérite absolument cette onzième place au total et la première place chez les femmes. Je termine avec un temps de 24:36, cinq secondes derrière Mélanie et quinze secondes derrière Nicolas. Je suis très content de cette course et j’en oublie comment la journée à commencé.

Les uns après les autres arrivent à la ligne d’arrivée qui donne une impression de course au ralenti étant donné la pente incessante jusqu’à la fin. Alors qu’on est plutôt habitué de passer la ligne d’arrivée dans un sprint rapide, un sprint final à cette course doit faire dans les 6 ou 7 min/km! OK sauf pour les Kenny Beaudette et Luc Hamel de ce monde qui sont arrivés en haut environ 4 minutes avant moi.

Luc au fil d’arrivée. (Photo par Véronique Rodrigue)

L’après-course est fort sympathique, comme toutes les courses en sentiers en fait. Je prends deux minutes pour écrire à Pat qu’à ma grande surprise et malgré les quelques bouteilles qu’on a vidées la veille, ma course s’est vraiment bien passée puis je profite de ces moments précieux avec une gang d’amis pour qui le plaisir et le sport ne font qu’un.

Junior analysant les résultats en compagnie de Caroline et Dan.

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