Le lendemain

La course m’a déja emmené plus loin que j’aurais pu imaginer et plus j’avance, plus je réalise que cette voie mène toujours plus loin…

Le Vermont 100 m’a permis de répondre à une simple question qui me revenait en tête depuis des années : Est-ce que j’ai assez d’endurance pour courir 100 milles? Cent fois cette question et pas assez souvent celle-ci : et après? Après je me repose? Je m’inscrit à un autre 100 milles? Une course plus dure?

J’aurais probablement dû y penser un peu plus.

Au lendemain du Vermont 100, je n’ai eu qu’une légère enflure à un genoux et, bien sur, les jambes raides. 2-3 jours plus tard plus rien n’y paraissait. Comme j’aime bien le dire, « c’était beau du chemin »! Ça sous-entend qu’en surface c’est OK mais si on creuse un peu, on trouve vite que tout n’est pas parfait. Par précaution j’ai décidé de ne pas m’entraîner pendant 2 semaines complètes et de me remettre graduellement à bouger en misant d’abord sur le vélo et la randonnée pendant une autre semaine. 3 semaines sans courir…Un genre de record personnel à l’envers!

Quoique je ne suis pas trop du type à regretter des gestes posés, j’ai eu quelques occasions pour y réfléchir ces dernières semaines. Précisément 8 fois dont trois durant le weekend du Trans Vallée. Soit à chaque sortie de course depuis le VT100… Je n’ai pas de regret  d’avoir couru 100 milles, ce que je questionne c’est de n’avoir pas couru immédiatement après! Pas des heures, peut-être quelques 30 minutes. Ou des 20 minutes. Juste assez pour rappeler à mon corps que je suis un coureur et pas trop pour lui donner le temps de se remettre à 100%.

Pour cette fois c’est trop tard. Je me remet difficilement à l’entraînement et j’ai cette expérience de plus sur laquelle je peux m’appuyer pour avancer même si chaque km n’est pas gagné d’avance. J’ai mis fin à ma dernière longrun après 25 minutes… Pas de blessure, juste une panne comme le moteur d’une auto qui s’arrête à un stop et qui ne veut plus redémarrer. En résumé depuis le VT100, les km me semblent des milles!

Après ma prochaine épreuve d’endurance, j’irai courir à mon réveil…

Et après

Plusieurs personnes m’ont demandé qu’est ce qu’on fait après avoir couru un 100 milles? J’y réfléchi depuis des semaines. Un autre 100 milles comme mon ami Pat? Une saison de courses de 5km pour apprendre à courir plus vite et pas seulement courir longtemps?

D’arriver au bout d’une course de 160km ou d’un autre projet dans lequel je me suis investi corps et âme, me permet de penser que tout est possible…Si j’en ai envie vraiment. Parce que lorsque j’écris « corps et âme », ce n’est pas une métaphore. Corps et âme c’est accepter d’avoir mal et parfois d’avoir à prioriser parmi toutes les priorités du quotidien. S’investir corps et âme ça prends du temps!

Je jongle depuis des semaines à l’après VT100 et je ne trouve pas de réponse claire. Une multitude de  projets possibles mais pas de certitude. Je ferai un raid aventure dans deux semaines. Peut-être y trouverai-je l’intérêt à pousser plus loin dans cette direction. Combiner plus d’un sport dans une même course plutôt que de répéter un même mouvement des milliers de fois.

Pour le raid j’aurai à rouler en vélo de montagne. Une activité que je n’ai pas fait de l’été! Ici c’est Jean-Philippe Thibault-Roberge que j’ai capté en action.

Je referai probablement le VT100 l’an prochain si je peux m’entraîner suffisamment. Je crois que je peux le faire mieux. Mieux et plus vite? Il y a aussi que j’avais le sourire moins facile à la fin. Si je m’y remet, je sourirai tout le long. Même en vomissant s’il le faut 😉

J’ai encore en tête un projet jamais réalisé, ni par moi ni par personne : la traversée des Présidentielles aller-retour non-stop sans assistance. J’oubliais deux détails : en hiver et en solo. 70km passant par 17 sommets dans un des environnements les plus hostile de la planète. Je l’ai tenté il y a quelques années. J’avais dû redescendre me réfugier en forêt alors que des vents soudains avaient rendu la visibilité nulle sur la crête. Le froid intense m’avait obligé à marcher habillé de tous les vêtements que contenait mon sac. En comparaison, j’étais confortable à porter les mêmes vêtements sur le sommet du mont Denali en Alaska. Quand l’hiver est bien installé dans les Présidentielles, l’air goûte la glace.

J’ai d’autres idées toutes aussi ridiculement orientées vers des objectifs difficilement saisissables. Je ne sais pas toutes les raisons qui me poussent ainsi à me donner de la misère mais j’en connais quelques unes. Plus les probabilités de réussir un projet sont faibles, plus j’en retire de satisfaction à le réaliser. J’aime aussi être déstabilisé pour m’obliger à me débrouiller. Pour plusieurs, le quotidien dans lequel nous vivons en Amérique du nord n’oblige à presque aucun effort physique ni intellectuel. Il n’y a souvent que le stress qui stimule le monde à sortir de leur zone de confort. En activité physique, moins on en fait, moins on est habilité à faire face à des épreuves physiques. Intellectuellement, c’est pareil. Dans cet ordre d’idées, je me dis que la résilience et la persévérance doivent bien se « travailler » en tentant de réaliser des trucs qui paraissent hors de portée…

Ultra-light

Un peu hors-propos mais je profite de ce blogue pour vous inviter à aller lire un article de Mireille Roberge parue dans le magazine Espace (Septembre 2012, p.60-61). Elle a questionné quelques passionnés de sports en lien avec le matériel ultra-léger. Pat et moi avons collaboré à cet article.

En attendant d’être branché sur mes prochains gros projets, je vais aller jouer dehors parce que la vie c’est maintenant.

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