En janvier lorsque j’ai planifié ma saison de course, j’ai aussitôt voulu inclure le XC de la Vallée dans mes priorités. Depuis l’an dernier que j’entendais dire tellement de bien de cette fin de semaine de 3 courses dont une à la frontale le vendredi soir. Je me suis donc inscrit à la totale: 11km le vendredi soir, 38km le samedi et 21km le dimanche dans des sentiers étroits et techniques pour la presque totalité des parcours. Le XC de la Vallée se déroule près de St-Raymond de Portneuf, dans la vallée du bras du nord.

J’avais minimisé un aspect cependant…J’étais déjà inscrit à une course de 100 milles 1 mois avant donc peu de récupération entre ces courses. Pour «m’économiser», j’ai donc décidé au mois de mars de courir le Trans Vallée plus lentement soit en tournant un clip durant la majeure partie du temps que je passerais à courir. J’ai communiqué avec Marlene Couture, une fille relativement nouvelle dans le paysage du trail running, pour savoir si elle accepterait que je tourne un clip sur sa participation au Trans Vallée. Tout un contrat pour elle car je l’ai bien avisée qu’elle rit ou qu’elle pleure, qu’elle aille bien ou moins bien, je vais documenter tout ça…

Mon but était de montrer, par une capsule vidéo, différents éléments typiques de la course en sentiers. En suivant une coureuse moins rapide que moi je pensais que ce serait «un jeu d’enfant»…Disons simplement que j’en ai eu pour mon argent…

Le vendredi soir au 11km de nuit, je n’ai tourné que quelques plans avant la course car celle-là je voulais me «pousser» et je ne prévoyais pas tourner de vidéo durant l’épreuve. J’aime beaucoup courir la nuit avec une frontale alors sur la ligne de départ je me suis positionné avec les coureurs rapides, prêts à exploser comme Usain Bolt dans des blocs de départ-;-) Ma course allait à mon goût et je me positionnait assez bien jusqu’au ravitaillement après la première de trois boucles d’environ 3km. Au ravito j’ai du lever la tête pour boire…et ainsi cesser momentanément d’éclairer devant moi et de voir l’intersection indiquant «lap à gauche» et «finish à droite»…J’ai pris à droite…Après un moment je réalise que je suis seul mais je ne suis certain de rien alors je continue jusqu’à ce que je vois un lumière face à moi à qui je crie : «est-ce le finish ici?» À la réponse «oui» je sais maintenant que je me suis trompé et fait demi-tour en disant quelques mots me rappelant mes dimanches matins d’enfance à l’église du village…Je suis fâché contre moi-même. Comment j’ai pu me tromper comme ça et perdre de précieuses minutes? Je décide de foncer plus que jamais et de remonter le plus de places possibles. Le reste de la course se passe très bien et mes longs entrainements me permettent de terminer cette courte course dans un sprint déchainé. Bien sur mon résultat est en deçà de mes attentes mais compte-tenu que j’ai fait plus long que prévu, ça me va!

Pour le samedi, le plan de match est tout à fait différent. Sur les 38km de cette course, je ferai une série d’intervalles qui me permettent de prendre un peu d’avance pour filmer quelques coureurs et coureuses dont Marlène et documenter ainsi sa course. Durant des heures je ferai des accélérations pour trouver un bon point de vue et m’y installer quelques minutes pour tourner 10 sec de vidéo avant de recommencer…

Les sentiers sont magnifiques et Marlène prend du plaisir malgré l’ampleur de la tâche. Un temps de passage maximum est fixé à 5h au dernier ravitaillement. Pour ne pas être privée de terminer la course, Marlène sait qu’elle doit accélérer et elle réussit à atteindre le ravitaillement de justesse moins de 5 minutes avant le temps limite. Ouf! Toujours positive elle reprend le sentier pour les 10km restants qui se déroulent fort bien. De mon côté le poids de mon matériel vidéo me brise le dos depuis un moment et je réalise qu’il est difficile de courir de si longues distances au rythme de quelqu’un d’autre, particulièrement dans les descentes où je «freine» plus qu’à mon habitude. On franchit la ligne d’arrivée après 7h15 sur les sentiers.

Un excellent repas et un feu de camp sur la plage du camping permet à tous de raconter les anecdotes de la journée et bien plus. Les trailrunners, ce sont aussi des amateurs de vélo de montagne, de voyages, de passions…

Pour le 21km du dimanche je décide de ne transporter qu’une caméra compacte. De plus je ferai encore des intervalles mais plus longs cette fois ce qui me permettra de mieux récupérer et de courir à mon rythme sur la crête. Marlène ne semble pas hypothéquée des ses deux autres courses sauf pour une douleur au bras droit suite à une chute la veille. Sa vitesse et sa bonne humeur sont stables! C’est sur un très beau sentier que l’on termine cette course par étape. Un départ plat qui permet de bien se réchauffer, une grosse montée, une crête en dents de scie puis une longue descente vers la rivière où on plonge après le passage de la ligne d’arrivée!

Le Trans Vallée 2012 a été un évènement organisé de main de maitre par Jean et son équipe dans un coin de pays où je me promets de certainement retourner.

Je vous invite à visionner le clip de ce weekend où Marlène a non seulement couru 70km mais où elle a aussi enduré qu’un caméraman fasse des intervalles sans cesse à ses côtés!

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