Je savais en m’inscrivant à une course de 100 milles que je fréquenterais la démesure. J’aime bien la démesure…jusqu’au moment où j’en suis démesurément affecté…

Vendredi j’installe ma tente au camping puis Vincent (Filion) et moi nous rendons à l’inscription. Après l’habituelle remise du dossard, c’est le moins habituel contrôle médical. Je ne me sens pas trop nerveux, mes signes vitaux sont ok. À la question à savoir si j’ai une condition médicale que le staff devrait connaître, je répond que j’ai un comportement obsessif avec la course mais que j’ai appris à vivre ok avec ça! Après je retrouve Pat et plusieurs autres coureurs, coureuses, pacers et « crew » pour le souper dans la grande tente.

Mon « crew » devait arriver en soirée. Je prépare méthodiquement tout ce que je porterai et tout ce que je veux que mes chums Junior, Luc et Dan apportent d’un point de ravitaillement à l’autre. Même si cette course est la plus longue à laquelle je m’attaque, je commence à savoir ce qui marche bien et ce qui marche moins bien pour moi en ce qui a trait à la nourriture et aux breuvages durant une longue course.

Juste avant la tombée de la nuit et comme j’attend mon tour pour les toilettes bleues, j’aperçois au loin ce qui ressemble fort au camion de Dan…Ha il semble que Dan a fait lettrer son véhicule…J’me dis que c’est bien compréhensible puisqu’il a un garage…Alors qu’il approche lentement je m’attends à lire « Chartier auto »…mais ça ressemble pas à…Merde c’est…MON NOM!!!!! Sans mot pour quelques longues secondes puis des rires incontrôlables! Je savais que ces gars-là feraient un bon team mais là je savais aussi qu’ils ne mettraient rien de côté si ça pouvait donner un petit plus à cette course plus grande que nature. Lettré professionnellement sur 4 côtés, le camion donne l’impression qu’un coureur élite, parfaitement inconnu, est sur place pour gagner…Les regards croisés sont nombreux, ce véhicule ne passe pas inaperçu! Dans une ambiance absolument déchaînée, nous installons la grande tente de mon team assez loin des tentes des coureurs, endormis pour la plupart…Le weekend va être rigolo!

Mon crew Luc, Dan et Junior devant LE camion…
Photo Joanne Maheu

3h de sommeil et ma montre sonne. Je suis un des premiers à bouger autour. Je me permet de commencer cette journée bien mollo en buvant un bon café. Pour le reste, tout est prêt alors en un rien de temps je rejoins mon team pour ensuite se rendre au départ qui a lieu à 4h. On ris et je me sens bien. Juste assez confiant que mes devoirs ont été faits. Tout ce que je sais de la course longue distance et des trucs d’endurance, j’ai tenté de les appliquer dans ma préparation. Ça ne m’assure pas la réussite mais ça renforce ma confiance de faire une bonne course.

En se rendant vers le départ à 3h30 am.
Photo Luc Hamel

Le départ est donné comme prévu à 4h du matin dans une ambiance survoltée. On crie, tout le monde est content de se lancer dans cette course qui durera entre 15 et 30h… Je décide de faire la première heure avec Marie-Pier. Elle court un peu moins vite que moi alors ça me permet de ne pas partir trop vite. Nos discussions en français attirent l’attention et s’ensuit le genre d’échange qui fait toujours rire: You speak french? Yes. Oh bonjour, Tour de France! 😉

Après un peu plus d’une heure de course, je me lance dans ce que je veux être «ma journée». J’accélère très graduellement et commence à dépasser pas mal de monde. La majorité que je ne reverrai pas. Mon objectif est de me rendre à Pretty house  (23,5 milles) sans avoir eu l’impression de forcer et j’y arrive très bien. Quelques centaines de mètres avant Pretty house, une dame me crie: «OH 51 you’re Michel, I just seen your friends and the truck, amazing job!» OK les boys sont là à n’en pas douter! Je ris tout seul avant même de les voir…

Avec mon crew à un «aid station». Les blagues n’arrêterons pas de toute la course…
Photo Geneviève Lavigne

J’informe mon team que ça se passe très bien de mon côté. Eux, comme prévu, ont mis à ma disposition tout ce que j’ai pensé que je pourrais avoir envie et que je leur ai demandé de «garder proche». Ils m’informent que Pat est pas loin devant avec environ 5 minutes d’avance alors je repars en disant que je vais aller jaser avec lui. Pour éviter de faire face à l’impensable 160km, je découpe le parcours en petites sections correspondant aux distances entre chaque point de ravitaillement. Ça donne des sections de distances variant entre 1,6 et 5 milles…une bouchée à la fois et je mangerai toute cette grosse tarte…

Je cours à mon rythme, discutant de temps à autre avec quelques coureurs. Des gens de partout sont ici pour la même raison que moi et la plupart n’en sont pas à leur premier 100 milles. Je reste concentré sur ma technique autant que possible et à la fois le temps et la distance passe rapidement. Je dépasse mon ami Brian qui me donne deux conseils: ne pas courir en montant si je sens que je devrais marcher et marcher plus vite que les autres quand je marche…

À mon premier passage à Camp ten bear (47,6 milles), je me sens encore bien. Près de 2 marathons sont derrière moi et mes jambes tiennent bon. Ma tête aussi et je me permet de blaguer un peu avec le doc qui vérifie, à ma demande, l’ampoule sous le pied qui commence à me déranger. Lorsque je m’aperçois que son pansement ne colle pas bien à ma peau, je lui dit qu’il pourrait peut-être le coudre…Il me répond qu’il a aussi ce qu’il faut pour le brocher! Et il s’étire pour attraper une «tackeuse» de construction 😉 Le morale est encore très bon. À chaque occasion mes boys sont là et ne ménagent rien pour faire de mes «arrêts aux puits» le plus efficace et le plus joyeux possible.

Discussion toute en humour avec un doc qui «répare» une ampoule…On voit la brocheuse sur le bac de plastique à droite de la photo.
Photo Luc Hamel

Avant la course j’ai informé Luc, Junior et Dan sur ma vision personnelle de cette épreuve plus mentale que physique. Mon objectif: faire les 100 milles sous les 24h et personne ne me parle d’abandon même si j’ai l’air de la «marde»! Il y a des contrôles médicaux et si quelqu’un doit décider que cette course mets en péril ma santé, ce sera eux.

À quelques reprises, mon team m’informe que Pat est «juste en avant de moi» mais jamais je ne suis arrivé à même le voir…À un moment donné, probablement alors que j’ai ralenti, plus personne ne me parlait de Pat…Je n’ai pas posé de question mais je me doutait bien qu’il était loin devant et que mon team ne voulait pas me décourager avec ça. Pour ma part je souhaitait simplement que tous deux on arrive au bout de tout ça avec le feeling d’avoir bien fait. Pat a très bien fait 😉

Photo Luc Hamel

Aux environs de 60 milles, j’ai commencé à avoir des pensées d’abandons. Rien de bien surprenant mais ça s’est présenté d’abord doucement puis de plus en plus  insistant! Je dépassait toutes mes références passées en ce qui a trait à «tenir le coup». Je suis d’abord un gars de montagne puis un coureur et ici ça s’est mis à paraître…Je ne voyais aucune raison de continuer! En montagne lorsque je pousse fort et que je me retrouve fatigué et loin de tout, je n’ai pas d’autre choix que de m’accrocher et de continuer d’avancer. C’est une question de survie. Là je suis tout à fait à l’opposé. Je cours et je marche sur le bord d’une route et si je décide d’arrêter, en quelques minutes je serai bien assis dans un pickup! Ça me semble tout à coup complètement ridicule de continuer et j’ai vraiment besoin de me transposer à mes aventures en montagne pour ne pas «mettre mon flasher à droite». Une autre motivation me fait aussi garder le cap: les boyz. Ces 3 gars-là ont tout fait ce qu’ils pouvaient humainement faire pour m’aider dans cette quête de l’inutile et en plus ce sont des coureurs qui veulent faire un bout avec moi dans les 30 derniers milles. Abandonner ce serait un peu les laisser tomber et ça c’est encore plus au dessus de mes forces que de continuer!

À chaque «aid station» où ils pouvaient être, mon crew disposait toutes mes affaires ainsi, me permettant de facilement choisir ce que j’avais besoin.
Photo Luc Hamel

J’approche le mille 70 avec une joie certaine. D’une part le soleil se couchera bientôt et avec lui la température descendra un peu. Je n’ai pas trop souffert de la chaleur car la presque totalité du parcours est à l’ombre de grands arbres mais je sais que le froid est mon allié, bien plus que la chaleur. D’autre part, c’est à partir de là que je peux compter sur mes pacers. Pour les 30 derniers milles, quelqu’un courra avec moi et je vois ça comme une bénédiction après tous ces milles seul «dans ma tête». Le premier à faire un bout avec moi est Junior et nous parcourons 7 milles assez efficacement en jasant et en écoutant les histoires toujours plus drôles les une que les autres que seul Junior sait raconter avec autant d’habileté…À un moment on passe à côté d’un coureur qui est immobile au bord du sentier, la tête entre les mains. De toute évidence il est dans un «mur» et ce mur est épais…On lui demande en anglais si ça va et tout ce qu’on reçoit comme réponse est un grognement incompréhensible. On continue et Junior avec son habituelle rapide répartie, m’informe que malheureusement il ne parle pas Hongrois 😉  Depuis un moment j’ai l’impression que mon cerveau marche au ralenti mais je la trouve bien drôle celle-là. Ce sera le premier de quelques dépassements de coureurs à l’air absolument «fini» mais qui retrouveront miraculeusement la force de terminer ces 100 milles. Une partie de cette section parcourue avec Junior se retrouve dans des sentiers, ce que je préfère, et de loin, aux sections sur route de gravier. Depuis le début de la journée, mes trois équipiers ont insisté pour que je prenne régulièrement des capsules d’électrolytes. À partir du mille 70 ils deviennent presque obsédés par ma consommation de ces capsules au point où j’ai l’impression qu’ils ont des parts dans la compagnie Salt sticks 😉

Lorsqu’on arrive à «Spirit of 76» (mille 77,4) c’est Luc qui prends le relais. Je savais que cette section était «redoutable» car l’année précédente Pat avait trouvé ce bout-là particulièrement though et long. De plus je ne peux cacher que le millage commence à se faire sentir fortement. Mes périodes de marche sont de plus en plus longues comparativement aux sections courues et dès que je sors des sentiers pour joindre les sections sur les routes de campagne, mon niveau d’énergie semble se vider instantanément. J’en ai carrément marre de ces routes, je veux courir dans des sentiers…

Tout au long de cette journée, nous faisions, mes équipiers et moi, des calculs et projections et mon arrivée sous les 24h semblait presque assuré puisque j’était assez confortablement sous les pace d’un finish autour de 22h…Mais c’était bien loin de la réalité de ma fin de course…

Alors que Luc ne cesse de m’encourager et qu’il me semble que je ne cesse de ralentir, mes calculs sont de plus en plus pessimistes. Plus j’avance et plus il me semble que la barre des 24h sera difficile à atteindre. J’ai l’impression de ne pas avancer et mon moral tombe au plus bas. J’ai le «mur» dans la face et il ne veut pas se tasser. Au début de cette journée, je séparais le parcours en petites sections de quelques milles mais maintenant Luc doit les fractionner en des sections de quelques pas pour que je sois capable d’envisager la suite: «Allez Michel on se rend au prochain Glowstick». La tarte du début, je suis rendu à la manger en purée! Je commence à me dire que je m’en achèterai une boucle de ceinture (remise aux coureurs terminant sous les 24h)… J’avais révisé un peu plus tôt mes objectifs et en avait fait part à mes pacers: d’abord ne pas me blesser pour pouvoir finir cette course puis si je suis capable finir sous les 24h. Je venais à ce moment-là de mettre un bémol à ce qui était mon objectif depuis le tout début de ce projet, un signe indéniable que mon état de fatigue commençait à affecter sérieusement mes décisions en plus d’affecter ma vitesse de croisière! J’avertis Luc de ne pas me laisser me coucher quand j’arriverai à «Bill’s» où je sais qu’il y a des lits de camps pour ceux qui veulent se reposer un peu avant de repartir. Si je me couche, je sais que je ne me relèverai pas. À maintes occasions, Luc me rappelle de rester droit et de lever la tête alors que j’ai le menton accoté sur la poitrine et que ma lampe frontale éclaire mes pieds…

Après un calvaire que malheureusement j’ai fait vivre à Luc, nous arrivons à la grange au mille 89 et je dois m’assoir pour «gérer» mon ampoule. Le pansement s’est déplacé et plutôt que de diminuer la pression, il l’intensifie. Je demande au staff présent que je crois être du personnel médical si elles veulent «péter» cette ampoule une fois pour toute. Elles refusent alors je les avise que je le ferai moi-même. Dan m’apporte ma trousse très complète et en un rien de temps j’ai désinfecté le tout, pété l’ampoule et recouvert tout ça d’un band-aid qui restera en place jusqu’à la fin. Dan me dira plus tard que c’était des bénévoles, ce qui expliquera leurs visages étonnés en me voyant «travailler» sur mes pieds dans ce contexte. Des lits de camp sont derrière moi mais c’est hors de question de les utiliser…Luc, Junior et Dan ne me laisse pas «dormir» et par tous les moyens tentent de me garder dans la course. Je me sens comme un boxeur dans son coin complètement défiguré après plusieurs rounds à se faire tapocher joyeusement à qui ses entraîneurs lui disent que tout va bien en lui mettant un peu de glace sur les yeux…

Dan repart avec moi et nous nous enfonçons cette fois dans un sentier. Chaque fois il me faut quelques minutes avant de pouvoir reprendre un pas qui s’apparente à de la course mais le fait de me retrouver dans un sentier me redonne une dose d’énergie. Plutôt que de penser à ma fatigue et aux douleurs omniprésentes dans les muscles de mes jambes, je refait inlassablement des calculs basés sur les milles restants et ma vitesse que je peux analyser avec la montre GPS empruntée à Junior. Chaque fois il ne m’apparait pas impossible de terminer sous les 24h mais chaque fois cela m’apparait de plus en plus improbable… Ces 7 milles ont été ponctués de sections relativement rapides et de d’autres où je suppliais presque Dan de me laisser me reposer et de cesser de me «tirer» vers l’avant. Au ravitaillement de 92,4 milles, j’ai presque réussi à m’étendre sur un muret de pierre recouvert d’épines de pins, un lit parfait me semblait-il…mais Dan veillait sur moi et ne me laissa pas m’étendre et ainsi perdre de précieuses minutes difficilement gagnées.

À l’approche de Polly’s (mille 96), mes trois boyz font tout le nécessaire pour que je n’ait pas à m’arrêter. En marchant je dépasse ainsi le point de ravitaillement toujours accompagné par Dan qui jamais ne me fera douter de mes capacités à terminer cette course même si, je le sais bien, j’ai l’air d’un mort vivant marchant dans la nuit 😉 Junior nous rejoint 100 mètres plus loin et c’est avec lui que je ferai les derniers 4 milles nous séparant du fil d’arrivée.

Il me semble que je ne pourrai plus courir, juste marcher c’est déjà pas mal… Comme un coup de vent, Mark (un coureur de Halifax), le sourire aux lèvres nous dépasse comme s’il courait un 5km. Je suis dans une totale incompréhension de ce qui viens de se passer. Plus tôt je l’avait dépassé alors qu’il était couché sur la route totalement dévasté et incapable de parler. J’aurais misé ma future boucle de ceinture que ce gars-là aurait fini sa course dans un pickup. Mais non il est carrément ressuscité et nous a salué joyeusement en galopant vers le finish. J’était sous le choc mais courir me semblait encore surhumain jusqu’au moment où arrive derrière nous Vincent (Filion) et Daniel Grimard son pacer. Je suis très surpris de revoir Vincent que j’avais dépassé au mile 19 alors qu’il souffrait de sévères crampes. Les voir arriver avec encore la détermination de finir sous les 24 heures fut le coup de pied au cul qui me manquait. Je dit à Junior de m’emmener au finish au plus vite, qu’il faut que tout ça finisse un moment donné! Avec Vincent et Daniel, on conviens de s’encourager mutuellement et de ne pas se lâcher pour finir ensemble avant que le cadran marque les 24h de course.

Junior prit le leadership de découper les milles restants en petites sections auxquelles il associait des temps de passages qui nous permettraient de finir sous les 24h. Mais pour ça nous devions courir, marcher ne suffisait plus. Le menton à nouveau accoté sur la poitrine, je me lançais dans une épreuve de force que je croyais avoir perdu à peine quelques minutes plus tôt. Les faux-plats montants que j’avais marché pendant plusieurs milles précédents devenaient «courables» et l’effet d’entraînement de ces 4 coureurs déterminés fit en sorte que même au moment où Junior nous dit que l’on pouvait marcher une petite section car on «étaient dans les temps», on continua à courir. Il sembla évident à ce moment-là que plus rien ne nous arrêteraient tant et aussi longtemps que nous n’aurions pas tous atteint l’arrivée marquant ce 100 milles.

Photo Luc Hamel

Vincent et moi avons donc eu le bonheur de franchir ensemble la ligne d’arrivée. Dan et Luc, malgré l’optimisme dont ils ont fait preuve toute la journée, ont eu tout un choc en nous voyant arriver «in extremis» après 23h50 d’une balade pas facile. Aux dires de Mark, arrivés juste avant nous, nous étions assez démonstratifs que nous avions l’air d’une équipe qui venaient de gagner un championnat! Mais c’était ça aussi: une victoire d’équipe.

Junior, moi, Dan et Vincent célébrant notre arrivée sous les 24h.
Photo Luc Hamel

Après les accolades d’usages et toute l’émotion associé à cette finale pour le moins surprenante, je me permit de faire ce que je rêvais depuis des heures: m’étendre. Là juste après l’arrivée, complètement vidé de l’énergie accumulée pendant des mois. Je me retrouvais étendu dans l’herbe et presque aussitôt grelottant de froid. Péniblement je me suis relevé et on m’emmena dans la tente médicale pour m’étendre, emmitouflé dans une couverture de laine.  Incapable de participer aux discussions animées de mes amis assis autour de moi savourant cette journée et quelques bières méritées, je sombrais dans un état de vide d’où je ressortis quelques minutes plus tard, victime une fois de plus d’incontrôlables tremblements. Cette fois on m’aida à enlever mes vêtements mouillés et à m’habiller de linge sec et chaud, ce qui me permis de me «remettre sur pied».

La tank était pas mal vide…
Photo Luc Hamel

C’est alité et dans un état semi-comateux que j’ai appris que Pat avait terminé cette course en 20h08 soit 3h22 minutes plus rapidement que l’année précédente. Sur le coup ça me semblait vite mais j’ai dù reposer la question plus tard pour bien comprendre l’exploit réalisé par mon ami Pat. Après avoir bien rigolé avec puis salué mes équipiers Luc, Junior et Dan qui devaient repartir, l’avant-midi passa à applaudir les derniers coureurs à passer la ligne d’arrivée. J’en profitais aussi pour regarder les résultats de tous les coureurs, espérant voir les noms de tous ceux et celles que je connais.

Une belle délégation québécoise était présente à la remise des boucles et plaques et c’est assez particulier de voir tous ces athlètes ayant parcouru 100 milles avoir une certaine difficulté à faire quelques mètres pour aller chercher leur prix!

Recevant ma «belt buckle» des mains de Julia, la directrice de la course.
Photo Geneviève Lavigne

Mon premier 100 milles est derrière moi et ce fut toute une expérience. Comme Yvon Chouinard, le fondateur de Patagonia, je crois que l’aventure, la vraie, débute quand ça commence à aller mal. J’aurai assurément goûté à une forme d’aventure intérieure durant cette course où les bons moments ont été très nombreux et où les moments difficiles ont été particulièrement éprouvants.

Quelques personnes ont joué des rôles clés dans ma course…

Pat qui m’a montré le chemin des 100 milles et qui a mis la barre haute pour l’an prochain…

Luc, Junior et Dan qui ont complètement tout fait ce qui était possible pour m’aider à atteindre mes objectifs et ce avec une joie de vivre contagieuse.

Vincent et Daniel Grimard qui m’ont donné le « coup de pied au cul » qu’il me manquait pour finir cette course en force.

Marie qui n’a jamais douté de ma capacité à mener à terme ce projet et qui m’a aidé à ne pas boire du vin dans la dernière semaine 😉

Brian qui m’a rappelé que marcher c’est correct mais marcher vite c’est mieux!

Marie-Pier avec qui j’ai couru la première heure et qui a fait 77 milles de ce parcours.

Pierre, Patrick, les autres Québécois, les crews.

Après 2 semaines de repos, j’ai à nouveau envie de courir longtemps alors au plaisir de vous croiser bientôt dans un sentier d’ici ou d’ailleurs.

Le meilleur «crew» au monde 😉

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