Petite fringale au finish du 58km! Photo par Luc Hamel

Petite fringale au fil d’arrivée du 58km! Photo par Luc Hamel

L’UltimateXC de St-Donat était mon cinquième ultra organisé par Dan Desrosiers et ce serait plutôt réducteur de dire que cette fois ça n’a pas été facile. En fait il s’agit de ma course la plus pénible depuis aussi loin que je me rappelle. OK je vous l’accorde les ultrarunners ont une mémoire à court terme seulement…

Lorsqu’en janvier j’ai planifié ma saison de course, j’avais décidé que cet ultra, contrairement à tous mes précédents, je ne le ferais pas « juste pour le finir » mais plutôt que je pousserais au risque d’exploser et de devoir abandoner. Mais je n’ai jamais abandonné une course…

Suite aux paroles réconfortantes de Dan (I will explain to you how slowly you’re gonna die!), le départ est donné et je file avec les coureurs de tête. Le parcours débute par une montée, c’est un peu brutal sans échauffement mais ça me convient. Au passage du premier pont de bois, mes pieds glissent et vont d’un côté du pont et moi de l’autre. Pas de mal mais j’aurais peut-être dù prendre ça comme un signe du destin…

Je n’étais pas encore au premier point de ravitaillement que des maux de ventre accompagnés de haut le coeur me rendent la course franchement moins agréable. Comme à chaque fois, je me dis que ce n’est qu’une question de temps et que ça va passer. Je ne savais pas que cette fois par contre ça prendrait 4h à passer!

J’alterne les 15 minutes de course avec des marches d’une minute. Rachel, Laurent et Ben me rattrapent et je m’accroche à eux sur quelques kilomètres jusqu’à mon premier arrêt pour une toilette au grand air.

Les kilomètres passent mais je me sens toujours aussi moche. Je repense à mon déjeuner probablement trop lourd et/ou trop tôt. Pas de café… J’avance toujours mais le niveau du plaisir est proche du zéro. J’ai des périodes d’étourdissement comme j’ai vécu à Tremblant en 2009. Premier arrêt pour m’étendre de tout mon long au bord du sentier. Les pensées d’abandon se pointent et elles travaillent fort…

Je ne cours plus vers le finish, je cours vers mon bien-être! Je ne peux pas mal « feeler » toute la journée. Autour du trentième kilomètre, la table de ravitaillement est agrémentée de Coke. On m’aurait donné $100 que je n’aurais pas été plus heureux. Ça sera assurément la solution à mes maux de ventre. Une dizaine de « rot » digne de la Taverne Jaypee et je me sens absolument mieux. « Race is on again »…

Je retrouve le plaisir et mon rythme accélère significativement. Le terrain accidenté demande toute mon attention pour éviter un mauvais placement de pied qui occasionnerait une foulure de cheville… BANG! Je suis étendu dans le sentier, K.O. Mes jambes ont continué mais le haut de mon corps s’est arrêté net.  Ma tête a violemment frappé un tronc d’arbre qui était au dessus du sentier. Mon front et mon cou ont encaissé. Péniblement je me place de côté et je constate les dégâts, certain que j’ai le crâne ouvert et que ma casquette empêche le sang de me couvrir le visage. Des coureurs passent et s’inquiètent de me voir. Je leur dit que ça ira et leur demande si ça saigne. Avec les yeux grands, ils me disent que ça ne saigne pas mais que j’ai une pas pire bosse…

Les émotions passées je me relève, décidé à atteindre le prochain ravitaillement et décider là si j’abandonne. Il me semble que rien ne va. Quelqu’un me donne des Tylenols, je n’ai aucune idée c’est qui mais si par hasard il lit ce blogue, merci! Arrivé à un lac, je laisse tomber mon sac et saute dans l’eau sans hésitation. L’eau froide me saisi et me redonne espoir d’un monde meilleur. Je décide de continuer et me dit que je n’aurai qu’à m’étendre de temps en temps, ce que je ferai environ 6 fois durant la course.

La suite se passe de mieux en mieux, c’est toujours comme ça. Les descentes se font à bonne vitesse et dans les montées je marche d’un pas solide. Mes entraînements dans les montagnes blanches ont « fait la job ».

La deuxième baignade, la swamp à Dan, se négocie plus facilement que ce à quoi on a été habitué et l’eau et la boue froide me redonne encore une fois une agréable dose d’énergie. Même chose pour le second lac dans lequel je plonge sans retenue avant de poursuivre vers la dernière montée et les X kilomètres restant. Le kilométrage exact reste toujours un mystère dans l’UltimateXC, autant pour les coureurs que pour les bénévoles…

Je termine la course en compagnie de Sean. Nous nous relayons en avant et échangeons quelques mots qui rendent cette dernière section d’autant plus agréable.

L’arrivée est, comme toujours, des plus joyeuse et festive. Un autre ultra dans les jambes et dans la tête. Quelques bières plus tard je ne me souvenait déjà plus trop comment ça avait été dur…Cette course m’aura donné plusieurs leçons. On verra au Vermont 100 si j’aurai su en prendre bonne note.

Voilà ce que j’ai pu réaliser comme tournage dans les circonstances. Disons que lorsqu’on feel pas fort, on a moins le goût de jouer au caméraman. Bon visionnement !

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