C’est bel et bien lancé! Après avoir planifié nos calendriers de courses, c’est maintenant le temps de se pointer sur la ligne de départ…

Dans mon entourage j’ai tout un échantillon de passionnés de sports en général et de course en particulier. À Gleason, des enfants ont courus un km alors que leurs parents se lançaient sur des parcours de 5 ou 10km. Certains ont été voir du côté du demi-marathon de Montréal alors que d’autres se mesuraient au marathon de Boston. Quelques durs à cuire ont même déjà un 50 milles derrière la cravate ou plutôt derrière les talons avec des courses à Bear Mountain (New-York) et Zion (Utah). En parallèle, des camps de vélos se multiplient et les Ironman et Ironwoman en devenir sont fébriles face à celui qui sera couru à Tremblant cette année. Toute une saison en perspective!

De mon côté, j’arrive d’un dernier entraînement en Estrie avant le X-Trail de Sutton. Parti faire le sentier des crêtes, je devais y aller mollo…

Je vous ai déjà dit que je ne suis pas discipliné? Pour que je respecte des zones, faut que je cours avec d’autres personnes qui me disent quelle vitesse aller…Quand je fais des intervalles, je suis «on» ou «off»! J’en bave quand ce sont des intervalles longues mais j’aime ça en baver quand je choisi de me donner. Plus souvent qu’autrement je respecte une seule consigne, celle qui est sur ma casquette: «Run like an animal». Ça doit venir de mon passé de contestataire qui était de toutes les manifestations…

Ok je reviens à ma run de cet après-midi…Je devais y aller mollo mais y a des trucs qui me mettent hors de moi et dans ce temps-là je me dis: Michel va donc courir, ça va sortir le méchant. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui et le méchant c’était le premier ministre du Québec… Parti les dents serrées sur le pace d’un kényan qui doit gagner une course pour avoir la bourse qui fera vivre sa famille constituée d’une quarantaine de personnes, je me suis rendu à l’escalier du nord en un temps rapide, trop rapide… Question de me calmer, j’ai entamé cette montée en écoutant de la musique douce 😉 Ça n’a pas marché pour oublier la politique mais je me  suis mis à marcher plutôt qu’à courir, laissant la pente raide me ralentir sans trop résister. Peut-être voulais-je garder ma résistance pour des «causes» plus importantes qu’une pente rocheuse? Je n’en sait rien mais n’empêche que la beauté du pic de l’ours m’a ramené dans des pensées plus positives. Je me suis rappelé comment ce parc est magnifique. Puis le méchant est revenu! Une partie du parc Orford a été sauvé in extremis par des citoyens mobilisés. Il est encore menacé mais la résistance est forte et mieux organisée que jamais.

Ensuite j’ai couru les crêtes à un rythme vraiment mollo cette fois, comme si je ne voulais pas que ça finisse .

Du sommet d’Orford, on pouvait voir très loin. J’ai vu les monts Mégantic, Ham et Jay-Peak. Notre premier ministre devrait s’y rendre, il verrait plus loin que le bout de ses bras tenant des enveloppes brunes! En descendant la 4km, j’ai pensé à tous ces jeunes, dont mon fils, qui courent pour se sauver des matraques depuis presque 100 jours. Je me suis mis à penser que si on pouvait les inscrire à des courses, quelques-uns nous surprendraient peut-être par leurs accélérations et d’autre assurément par leur endurance…100 jours d’entraînement consécutifs, ça doit travailler l’endurance!

Arrivé à la base d’Orford, j’était serein et rassasié de cette belle nature…jusqu’à ce que j’apprenne que la loi 78 a été adoptée. De toute évidence il y en aura d’autres courses qui débuterons les dents serrées, la musique à tue-tête.

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