Selon les standards de l’élite, je ne suis pas rapide à la course. Mon meilleur temps de marathon est de 3h43m et au 5km j’ai réussi mon PB en 20m30s. C’est mieux que rien mais c’est très loin des meilleurs. Mais j’aime ça, je peux m’améliorer! Et j’aime depuis longtemps chercher mes limites…En vitesse mais aussi en distances et dénivelés. Ça m’a emmené à courir mon premier 50 miles l’an dernier et c’est assurément la course que j’ai fait qui s’est le mieux passée, toutes distances confondues.

On a tous dans notre entourage des gens qui courent plus vite que nous et d’autres qui courent moins vite. De même on connaît tous des gens qui ont parcouru des distances au delà de ce qu’on croit un jour pouvoir courir et d’autres qui sont parfaitement heureux de participer chaque année à une seule course de 5km près de chez-eux.

J’écris là-dessus simplement parce que je tiens à expliquer un truc qui m’arrive souvent depuis que je «fais du long» : Quelqu’un me demande ce que je fais comme courses et suite à ma réponse cette même personne s’excuse de courir «seulement» 5, 10km ou même des marathons! Peut-on être simplement fier de quelqu’un qui mets un pied devant l’autre, peu importe la vitesse ou la distance?

Le plaisir de courir quelques mètres

J’ai longtemps travaillé auprès des personnes âgées en perte d’autonomie. C’était à une époque où les soins étaient donnés sans compter et où on «faisait marcher les patients» chaque jour et ce, peu importe leur endurance. «Deux pas c’est super M. X, hier vous n’aviez pas pu vous lever de votre fauteuil!» «Bravo Mme Y, votre marchette fait des étincelles tellement vous allez vite!» Vous voyez où je veux en venir ?

Je vous parle d’effort et d’encouragement. Il n’y a pas de distance minimale pour ça, ni de vitesse. Y a juste des individus qui ont décidé de faire des efforts pour différentes raisons. Presque autant de raisons qu’il y a de coureurs et coureuses.

Ce qui m’intéresse particulièrement lorsque je discute avec d’autres amateurs de course (ou de sports en général) c’est de connaître leurs parcours. Comment il ou elle en est arrivé à aimer courir? Pourquoi veut-il ou veut-elle repousser SA limite ? Comment il ou elle s’y prend pour arriver à relever SON défi personnel. Ça m’emmène souvent à me demander ce que je peux dire ou faire pour l’encourager et jamais à me dire «Bof il fait juste des 5km!»

Dans l’absolu, il n’y a pas de petites distances ou de vitesses minimales. Il n’y a que des distances ou des «paces» proportionnels à l’ampleur du défi personnel que l’on se donne, selon là où «on est rendu» après 1 mois, 1 an…ou 20 ans d’entraînement. Ne vous excusez pas de courir des courtes distances, voyez plutôt comment vous distancez les problèmes de santé 1, 5 ou 10km à la fois!

Croyez-vous que Usain Bolt, le détenteur du record du monde au 100m, se fait dire souvent qu’il court juste des 100m?

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